Ceci leur permet d’argumenter que les travaux scientifiques des équipes de recherche académique ayant contribué à développer le Nutri-Score (ou d’équipes qui leurs sont associés), même s’ils ont été publiés dans des revues scientifiques internationales à comité de lecture, sont biaisés sous prétexte qu’ils ont été réalisés par les chercheurs universitaires experts en nutrition, en épidémiologie et en santé publique qui ont contribué au développement du Nutri-Score; ils les accusent ainsi d’avoir des « conflits d’intérêts » puisque leur recherche a abouti à mettre au point cet outil de santé publique…Cette théorie du « tout le monde a un conflit d’intérêts » permet aux lobbies industriels de soutenir que tous les acteurs impliqués dans le domaine de la santé publique ont des intérêts spécifiques pesant de la même façon sur les résultats des travaux. Ils espèrent sans doute ainsi diluer leurs propres intérêts financiers.
Nous rappelons dans cette Tribune qu’il existe des différences fondamentales dans la finalité et les méthodes du travail des chercheurs académiques et des lobbyistes économiques. Les chercheurs du secteur public (non financés par les industriels) ont comme seul intérêt l’intérêt collectif. Lorsqu’ils font des propositions de mesures de santé publique, celles-ci sont fondées sur la science et exclusivement sur les résultats de la science.
Ils n’ont rien à y gagner. À l’inverse, les lobbies industriels qui combattent les mesures de santé publique comme le Nutri-Score ont pour objectif la défense d’intérêts purement économiques.
Serge HERCBERG
28 Novembre 2024